Voilà bientôt une semaine que je suis de retour du Chuv... Pas d'appétit en vue, seul le repos est pour l'heure de la partie.




L'occasion de réfléchir et, notamment, de prendre la décision de continuer le traitement expérimental initié en juillet dernier sous la responsabilité de la doctoresse Solange Peters. C'est que la mi-temps est là... J'ai en effet déjà reçu 9 injections de Nivolumab, et la 10e est prévue le mardi 27 janvier à 10h.


Si je me livre à un bref bilan semestriel je dirais, côté positif, qu'aucune nouvelle tumeur ne s'est développée et, côté négatif, que mon absence d'appétit, listée au rang des effets secondaires connus dans d'autres traitements similaires, n'est pas encore maîtrisée.


Qu'il y avait des risques, je le savais avant de commencer le traitement, car j'avais été parfaitement informé, notamment du fait qu'une méga inflammation pouvait envahir mon corps le temps du traitement.


Car, si les anticorps qui me sont injectés peuvent aider mon système immunitaire à arrêter ou freiner la croissance de mes tumeurs, il est certain car c'est son but que cette stimulation entraîne une inflammation qui, de manière paradoxale, ne peut pas être combattue sans anihiler les effets du traitement... Toute comparaison gardée, c'est un peu comme si, en cas d'angine, les antibiotiques appropriés restent dans l'armoire.... histoire de permettre à la médecine d'observer comment l'angine, ou autre inflammation, évolue, se diffuse, progresse, se diversifie, se développe. Et cela pendant six mois encore.


Mais, encore une fois, le domaine expérimental est par définition plein de doutes... Difficile de savoir exactement quelle est l'influence de l'immunothérapie, à quoi est attribuable tel ou tel symptôme. La seule chose dont je suis sûr c'est que, aujourdhui, mardi 20 janvier 2015, j'ai apposé ma signature pour poursuivre cette étude menée par la firme F. Hoffmann-La Roche, qui en finance la totalité. Je participe par ma part à titre gracieux, et accepte que les résultats récoltés tout au long du traitement soient diffusés de par le monde scientifique. Comme chacun des 635 terriens (18 Suisses, 5 au Chuv) soumis à ce programme sur cinq ans, je ne suis pas personnellement identifiable, mais anonymisé et protégé par un code.


Donc, je continue. Je ne vais pas me laisser impressionner par quelques doutes de plus ou de moins... De toute façon, et c'est bien pour cela que j'ai accepté toutes les conditions du défi, il est possible que ma contribution à la recherche ne me serve pas directement, mais à d'autres, plus tard, lorsque le médicament et ses effets seront mieux connus, lorsqu'il ne sera plus objet d'étude mais produit distribué comme un autre sur le marché pharmaceutique...


Mais cette décision de continuer est également intervenue après une discussion avec la doctoresse Peters qui m'a demandé de tenir le coup... Et comme tout bon Valaisan qui se respecte, je n'ai qu'une parole....


Je continue, malgré les effets secondaires et les doutes inhérents à toute étude.... Car le défi est de taille, et j'aime ça... Banzaïïïï !


 


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