«Le sage n'a pas peur de partir, car il est toujours prêt à mourir »... Si je commence aujourd'hui avec cette citation, sachant l'Homme par essence mortel, c'est pour vous entretenir de l'état d'esprit dans lequel je me trouve désormais.


Vous vous souvenez sans doute que je vous ai toujours dit avoir reçu la nouvelle de ma maladie, il y a trois ans et demi, comme un nouveau défi. Et mon approche a toujours été positive. Vous vous souvenez également que, une fois dehors des cabinets médicaux, à l'issue des consultations et traitements divers reçus pendant toute cette période, je passais à autre chose, ski, golf et autres activités.
Le décor a changé, je suis à l'hôpital, et ne reçois plus de traitements autres que les médicaments antidouleurs. En ancien footballeur, j'ai intégré le fait que le championnat, aussi extraordinaire et enrichissant fut-il, est malheureusement perdu. Le résultat est connu, il n'y a plus de questions à se poser. Le guerrier n'a plus rien à faire du crabe, il est passé à autre chose.
Tel un alpiniste qui, lors d'une ascension en haut altitude, a été été vaincu par le mal des montagnes et terrassé par une ambolie repose dans une cabane en attendant d'être héliporté en plaine, au milieu de ses proches, je laisse les images de ma vie, accomplie et pleinement réussie, défiler dans ma tête. J'en ressasse les moments forts, me mets en ordre avec mon miroir. Et puis je pense aux miens, à ma famille, à mes proches...
Alors, voyez, mon approche n'a pas changé d'un iota. J'étais et suis resté positif...
Chaque matin, alors que les premiers sons me parviennent, que la lumière envahit ma chambre, je penses à vous, en communion tout au long des heures. Chaque jour est une victoire : Banzaïï¨ !


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